Parlons un peu ?
Entretien avec Arkady Klyuchansky
Par Marina Kochetova
Certaines personnes sont capables de soutenir une conversation pendant des heures sur la littérature, les langues, la culture et la vie. Arkady Klyuchansky, enseignant à l’Université d’Ottawa, est de celles-là.
Son parcours l’a mené d’une ville scientifique soviétique à l’enseignement de la langue russe et de la culture slave au Canada.
Né intellectuellement à Dubna, ville célèbre pour son institut international de recherche nucléaire, il développe très tôt une passion pour la lecture, l’histoire et la littérature russe.
Bien qu’attiré par les sciences humaines, il étudie la chimie à Moscou et travaille ensuite à l’Institut de chimie organique de l’Académie des sciences de l’URSS. Avec le recul, il estime cependant que les sciences exactes lui ont surtout appris la rigueur intellectuelle et la pensée logique.
Au début des années 1990, il s’installe en France pendant deux ans en attendant son immigration au Canada. C’est là qu’il découvre sa vocation pour l’enseignement du russe et le travail dans le domaine culturel.
Après son arrivée au Canada, il apprend l’anglais, poursuit des études en études slaves à l’Université d’Ottawa, puis à l’Université de Toronto, où il enseigne déjà le russe.
Depuis plus de vingt ans, il travaille à l’Université d’Ottawa.
Selon lui, un bon enseignant doit continuer à apprendre toute sa vie. Ses étudiants viennent d’horizons variés : diplomatie, économie, science politique, relations internationales et bien d’autres domaines.
Pour les nouveaux arrivants, il recommande vivement la poursuite des études au Canada. L’éducation facilite l’apprentissage de la langue, l’intégration sociale et l’accès au marché du travail.
Concernant le choix entre collège et université, il estime que chaque établissement répond à des besoins différents. Le choix doit dépendre des objectifs et des aptitudes de chacun.
Il considère également que l’apprentissage des langues étrangères demeure un atout majeur dans un monde globalisé.
La pandémie a accéléré le développement de l’enseignement à distance, mais Arkady reste convaincu qu’aucune technologie ne peut remplacer totalement le contact humain. Selon lui, la langue est faite de mots, mais aussi d’intonations, de gestes, de regards et d’émotions.
Malgré les transformations technologiques, il croit que l’éducation continuera à reposer sur les relations humaines.
Son principal conseil est simple : ne jamais cesser d’apprendre, rester ouvert au changement et garder confiance en l’avenir.