L'économiste de la Banque Nationale du Canada, Taylor Schleich, estime que malgré les récentes données solides sur l'emploi et la hausse de l'inflation, la Banque du Canada (BdC) a toujours des raisons impérieuses de réduire ses taux en mars.
La probabilité d'une baisse des taux a fortement diminué ces dernières semaines, passant de près de 100 % à moins de 33 %, suite au report des tarifs douaniers américains et aux bons chiffres de l'emploi de janvier. Toutefois, Schleich note que la BdC pourrait ignorer ces facteurs, car elle n’a trouvé aucune preuve d’une hausse soutenue de l’inflation dans son enquête monétaire de janvier.
Principaux arguments en faveur d’une baisse des taux :
- Le report des tarifs douaniers américains a déjà rendu les entreprises prudentes, ralentissant les investissements.
- Un marché du travail faible, avec des intentions d'embauche inférieures aux normes historiques et des offres d'emploi à leur plus bas niveau depuis sept ans.
- Un ralentissement de l'activité immobilière, alimenté par les inquiétudes concernant une guerre commerciale avec les États-Unis.
Schleich estime que l'économie canadienne demeure vulnérable et que la Banque du Canada adoptera probablement une position plus accommodante. Toutefois, si des signes de croissance rapide ou une forte hausse de l’inflation apparaissent dans les semaines à venir, la Banque pourrait changer sa position avant son annonce de taux le 12 mars.