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La pandémie et le passage au travail à distance ont transformé le centre-ville d’Ottawa en un désert commercial. Dans le même temps, le pays est confronté à un grave problème de logement : les logements sont inabordables et en nombre insuffisant. Mais les bureaux vides offrent une opportunité, en particulier dans la capitale, où le gouvernement fédéral possède de vastes propriétés.

La Banque foncière du Canada, créée l'an dernier, comprend 35 bâtiments susceptibles d'être transformés en logements. Parmi eux, trois sites près de la gare Hurdman où jusqu'à 5 000 logements pourraient être construits. Le modèle de bail à long terme permettra de maintenir le terrain dans la propriété publique et de garantir des logements abordables.

Les experts soulignent que le centre-ville ne peut être revitalisé qu’en augmentant la densité de population. Cela attirera des commerces, des infrastructures et améliorera les transports. Mais des difficultés subsistent : le coût élevé de la rénovation, la nécessité d’éliminer les contaminations et d’adapter l’agencement des bureaux.

Certains militants craignent que le fait de céder des bâtiments à des promoteurs privés sans garantie d’accessibilité financière ne reproduise les erreurs des années 1990. Le gouvernement promet de rendre abordables seulement 20 % des nouveaux logements sur les terres fédérales, mais les responsables municipaux demandent que cette part soit augmentée.

Toutefois, les transformations de bureaux constituent une partie importante de la solution, affirment les experts. « Il est possible de vaincre l’itinérance, et cela commence par le logement », affirme Kaiti Burkholder Harris, directrice de l’Alliance pour mettre fin à l’itinérance à Ottawa.