Le Canada organise des élections fédérales anticipées cette semaine, et la course s'annonce déjà serrée entre les libéraux de Mark Carney et les conservateurs de Pierre Poilievre. Dans un contexte d’incertitude économique causée par les nouveaux tarifs américains, les deux dirigeants ajustent leurs priorités alors qu’ils cherchent à se présenter comme le meilleur défenseur de l’économie canadienne.
Le président américain Donald Trump a accentué la pression en annonçant des droits de douane de 25 % sur les voitures et les pièces détachées fabriquées hors des États-Unis. Ces mesures sont distinctes des tarifs réciproques prévus le 2 avril contre tous les partenaires commerciaux des États-Unis.
Convergence des promesses électorales
Mark Carney a convoqué des élections le 23 mars, peu après être devenu Premier ministre sans élection, un événement extrêmement rare. Avant même le début de la campagne, il avait promis de supprimer les barrières commerciales internes d’ici le 1er juillet, de simplifier le processus d’approbation des grands projets et d’abolir la TVA sur les maisons neuves coûtant jusqu’à 1 million de dollars. Le jour du lancement de la campagne, il a également promis de réduire de 1 % le taux d’imposition des plus bas revenus. Bien que Carney soit connu pour sa position en faveur de la neutralité carbone, il s'est concentré sur l'économie pendant la campagne, en supprimant la taxe carbone sur les consommateurs et les petites entreprises, mais en la laissant sur l'industrie et en maintenant les plafonds d'émissions pour le secteur pétrolier et gazier.
Pierre Poilievre a promis à son tour d'accélérer la délivrance des permis pour les grands projets, d'annuler la TVA sur les logements jusqu'à 1,3 million de dollars et de réduire le taux d'imposition pour la catégorie de revenus la plus basse de 2,25 %. Il est allé plus loin que Carney en matière de politique climatique, promettant d’éliminer complètement les normes carbone pour l’industrie, de supprimer les plafonds d’émissions et d’abroger la loi sur l’évaluation de l’impact environnemental pour accélérer le développement des ressources. Parallèlement, il a assoupli sa position sur les programmes sociaux, maintenant son soutien aux programmes de soins dentaires et de garde d’enfants créés auparavant par les libéraux et le NPD.
Ordre et sécurité
Poilievre reste le seul candidat qui parle activement de sécurité. Il prône des peines plus sévères – la prison à vie pour le trafic d’armes à grande échelle, le trafic d’êtres humains et le fentanyl – et impute la responsabilité de la hausse de la criminalité aux lois de l’ère Trudeau.